Le gouverneur de la Banque du Canada a livré un discours intitulé « La politique monétaire dans le contexte de la COVID-19 »

Dans une vidéoconférence organisée par les Cercles canadiens et les Canadian Clubs, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a livré un discours intitulé « La politique monétaire dans le contexte de la COVID-19 ». Il a décrit des perspectives économiques plus prudentes que celles de son prédécesseur.

Après un fort rebond de l’emploi et un regain des dépenses de consommation dû à la demande accumulée lors de la crise, il estime que « la reprise sera vraisemblablement longue et en dents de scie » et que « [n]ous connaîtrons peut-être aussi des revers ». À son avis, tous ne retrouveront pas leur emploi et la phase de rétablissement sera probablement caractérisée par une demande faible.

Un des points les plus intéressants à retenir de son propos était sa description de la politique monétaire de la Banque. Alors que la position sur les taux d’intérêt négatifs reste la même (« …nous sommes d’avis que cela pourrait faire dévier le comportement des institutions financières »), la description des achats d’actifs a pris une tournure significative.

Le gouverneur a concédé que les marchés financiers du Canada ont généralement retrouvé leur fonctionnement normal et que leur restauration n’est plus la motivation première de la Banque. Les achats d’actifs visent maintenant à injecter une dose additionnelle de stimulation monétaire. M. Macklem a même adopté les termes « assouplissement quantitatif » (AQ) et « assouplissement direct du crédit » pour qualifier les achats de la Banque, deux termes que M. Poloz rechignait à employer. Et alors que le pilotage par les indications prospectives n’a pas été adopté, le gouverneur a expliqué que l’AQ indiquait que « le taux directeur restera sans doute bas pendant un certain temps ».

M. Macklem a répondu à deux séries de questions après son discours — l’une du public, l’autre des journalistes. Parlant de la réaction de la politique monétaire, il a dit que la gestion de la crise nécessite qu’on aille au-delà de la riposte « normale » pour parer à la détérioration rapide de l’activité économique et de la confiance. Il a aussi mentionné l’importance de la coopération, entre les banques centrales, les gouvernements et les autorités de réglementation.

Parlant du secteur de l’énergie, il a reconnu que les producteurs de pétrole étaient déjà en difficulté avant la crise de la COVID-19 et font maintenant face à une situation particulièrement éprouvante. « Il ne fait aucun doute que la pandémie aura un effet continu sur les prix du pétrole », a-t-il dit en substance. M. Macklem était moins pessimiste au sujet des niveaux de la dette des ménages canadiens qui est déjà élevée et a souligné que la baisse des dépenses et l’importante aide gouvernementale ont conduit à un taux d’épargne élevé et à un modeste désendettement. Il s’attend à ce que des mesures macroprudentielles saines limitent les pointes d’endettement insoutenables à l’avenir.

Offrant un aperçu de ce à quoi on peut s’attendre à la prochaine réunion de la BdC, le gouverneur a dit que l’édition de juillet du Rapport sur la politique monétaire présentera vraisemblablement un scénario de planification central de la production et de l’inflation, avec une explication des principaux risques entourant ce scénario. La Banque pourra ensuite évaluer les nouvelles informations par rapport à ce scénario.

Source: By Jocelyn Paquet et al, Banque Nationale du Canada

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