Les taux d’intérêt

Ce qui suit est un extrait du rapport économique VERICO rédigé par Michael Campbell.

La volte-face radicale de la Banque du Canada vis-à-vis des futures hausses des taux d’intérêt depuis octobre indique clairement que la Banque et le ministère des Finances sont surpris par les conséquences de l’augmentation des taux dans le marché immobilier et sur l’économie en général. Les trois ou quatre autres hausses envisagées d’ici la fin de 2019, comme il en avait été question en octobre dernier, ont aujourd’hui cédé le pas à une attitude de prudence.

Je n’en reviens toujours pas quand je pense que ces gens s’étonnaient du fait qu’une économie qui a été bâtie sur la dette et sur un plancher record des taux d’intérêt, particulièrement dans le marché immobilier, réagirait négativement face à des hausses de taux. Et tout cela en dépit des nombreux sondages et études qui avaient à maintes reprises véhiculé le message selon lequel des taux plus élevés forceraient les consommateurs à dépenser moins. 

Le Canadien moyen a accumulé près de 23 000 $ de dette à la consommation non liée à l’hypothèque. On ne s’étonnera pas que, depuis juillet 2018, après quatre augmentations d’un quart de point, le tiers des Canadiens craint de ne pas pouvoir payer les factures et de déclarer faillite. Environics Analytics a calculé que pour la personne moyenne vivant à Calgary, les cinq hausses de taux depuis juillet 2017 se traduisent par des frais d’intérêt qui ont augmenté de 3 641 $. À Halifax, ce surplus atteint 2 246 $, et 2 100 $ à Winnipeg et Montréal, tandis qu’à Vancouver, les paiements d’intérêts supplémentaires s’élèvent à la coquette somme de 3 943 $.  

Pas besoin d’une maîtrise en économie pour comprendre que si on soutire de 2 000 à 4 000 $ de plus de leurs poches, les contribuables verront diminuer leur capacité de dépenser. L’augmentation des taux d’intérêt gruge le revenu discrétionnaire moyen des Canadiens de 5 %, sans compter la baisse de 5 % de leur avoir net causée par la chute du prix des maisons. En termes simples, les gens se sentent appauvris et ils paient considérablement plus de frais d’intérêt – ce qui ne constitue jamais une bonne recette pour rétablir la confiance des consommateurs.